La guimbarde, au coeur de la culture yakoute

Aÿnna, le regard tourné vers l’horizon au son de cet instrument mystérieux.

Lors d’une leçon sur les loisirs, j’ai été agréablement surprise d’apprendre que les trois quarts de mes élèves jouaient de la guimbarde. Je pensais que les joueurs d’un tel instrument étaient en voie de disparition – que du contraire ! En effet, dès leur plus jeune âge, de nombreux enfants yakoutes apprennent à maîtriser le khomous (« guimbarde » en yakoute). On assiste à un retour à la culture yakoute très prononcée : la langue maternelle de ces enfants est le yakoute, et certains ne parlent que peu voire pas du tout le russe.

Quel est donc cet instrument mystérieux ?

La guimbarde est composée de deux éléments :

  1. une armature, d’une forme quelconque, qui comprend invariablement deux barres parallèles assez rapprochées ;
  2. une languette fine, haute de quelques millimètres, fixée à l’armature par l’une de ses extrémités, libre de l’autre côté et qui passe entre les deux barres.

Comment joue-t-on de la guimbarde ?

Un joueur de guimbarde place l’instrument devant la bouche d’une main, en la tenant par l’armature (à l’opposé des branches parallèles). Les guimbardes occidentales en métal sont posées fermement contre les dents entrouvertes (l’instrumentiste ne doit pas enserrer les branches parallèles avec les dents, ce qui bloquerait le passage de la lamelle). L’autre main permet d’actionner la languette (le plus souvent de l’extérieur vers l’intérieur).

Certains joueurs font vibrer la lamelle avec un doigt, d’autres avec plusieurs, d’autres avec leur main. L’action sur la languette détermine le rythme.

La languette vibre à une fréquence basse à peu près fixe. La bouche sert de cavité résonante. On modifie le son en changeant la position de la langue, des lèvres et des joues. Il est également possible de « chanter » tout en jouant.

(Source : Wikipédia)

À l’origine, à quoi servait la guimbarde ?

La guimbarde est capable d’unir tous les peuples de toute race et toute confession.

Dans les temps anciens, le khomous, cet instrument de musique unique en son genre, permettaient aux Yakoutes de communiquer. Ainsi, des femmes aigries se querellaient entre elles, des jeunes filles échangeaient quelques secrets, des jeunes hommes déclaraient leur flemme à leur dulcinée. Souvent, les jeunes hommes invitaient leur fiancée à sortir en jouant un air de guimbarde.

Aussi la guimbarde, outre le tambour, est un instrument rituel des chamans. Par ailleurs, les chamans yakoutes et mongols ont développé la « khomous-thérapie », une nouvelle forme de soin. En quoi cela consiste ? La guimbarde nécessite de maîtriser sa respiration, un peu comme le yoga. Ainsi, le joueur de guimbarde exerce sa respiration, ce qui est bénéfique pour son esprit.

(Source : pravda.ru)

Avez-vous déjà entendu le son d’une guimbarde ?

Je vous invite à écouter Vladimir Dormontov, ce jeune garçon de 11 ans, qui maîtrise la guimbarde de manière extraordinaire !

Et Youliana Krivochapkina, une jeune artiste yakoute très célèbre ici :

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Une réflexion sur “La guimbarde, au coeur de la culture yakoute

  1. Pingback: Le musée de la guimbarde | Bons baisers de Yakoutie

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