Apprenons à compter en yakoute !

Lorsque l’on apprend une langue étrangère, ou du moins lorsque l’on rencontre des personnes s’exprimant dans une langue étrangère, la première chose que l’on apprend – outre les gros mots – ce sont les chiffres ! Le yakoute était une langue turque, il n’y a aucune ressemblance avec nos chiffres à nous, sauf le 7, pure coïncidence, sans doute !

C’est parti !

0   Hуул  (noul)

1   Биир  (biir)

2   Икки  (ik-ki)

3   Үс (ous)

4   Tүөрт (tueurt)

5   Биэс (biès)

6   Алта (alta)

7   Сэттэ (sèt-tè)

8   Аҕыс (arys)

9   Тоҕус (torous)

10   Уон (ouone)

Vous pensez avoir retenu ? Vérifions tout cela !
Combien fait …

 

ikki + ikki = ?

sèttè + bir = ?

ouone – biès = ?

torous – ous = ?

alta + arys = ? Ah, on ne l’a pas encore vu ! Inutile de vous accrocher, la suite est facile et logique !

11   Уон биир (ouone biir)
12   Уон икки (ouone ik-ki)
13   Уон үс (ouone ous)
14   Уон түөрт (ouone tueurt)
15   Уон биэс (ouone biès)
16   Уон алта (ouone alta)
17   Уон сэттэ (ouone sèt-tè)
18   Уон аҕыс (ouone arys)
19   Уон тоҕус (ouone torous)
20   Сүүрбэ (suurbè)

Même principe ensuite :

21   Сүүрбэ биир (suurbè biir)

Et les dizaines jusque 100 :

30   Отут (otout)
40   Түөрт уон (tueurt ouone)
50   Биэс уон (biès ouone)
60   Алта уон (alta ouone)
70   Сэттэ уон (sèt-tè ouone)
80   Аҕыс уон (arys ouone)
90   Тоҕус уон (torous ouone)
100   Сүүс (suus)

Un petit dernier en prime :    1000   Тыһыынча (tyhyyntcha)

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Саха тыла (Sakha tyla, langue Sakha) : première leçon

Mes professeurs particuliers.

D’excellents professeurs particuliers

Quand je suis arrivée à Kepteni, les enfants m’ont demandé, mis à part la traditionnelle question « А у вас есть семья? Дети? » (A ou vas est’ semia? Diéti?, Vous êtes mariée, vous avez des enfants ?) tout en me touchant les cheveux (« А я никогда не видела светлые волосы! », A ya nikogda ne videla svetlye volosy!, Je n’ai jamais vu de cheveux blonds !) si je parlais yakoute. J’ai répondu par « Суох » (souokh, non). Du coup, ils se sont proposés de me donner quelques cours particuliers !

Ce qui m’impressionne dans le yakoute, c’est la très grande combinaison de sons ! Sans doute l’une des raisons pour laquelle ils prononcent incroyablement bien le français ! Ils ont les sons /u/ (que les Russes n’ont pas par exemple), le son /eu/, des diphtongues, des consonnes supplémentaires (notamment le son /r/ prononcé à la française. À vous d’essayer !

Voyelles

En yakoute, il n’y a pas d’accent. La voyelle est accentuée lorsqu’elle est doublée.

Voici les voyelles yakoutes qui n’existent pas dans la langue russe : ө /eu/ et ү (notre /u/ français).

Ainsi, récapitulons les paires de voyelles que nous pouvons trouver dans la langue yakoute : аа [a:]/, ии [i:], оо [o:], өө [eu:], уу [ou:], үү [u:], ыы /i dur/ et ээ [è:].

Bien insister sur la voyelle doublée car bien souvent, elle permet de distinguer deux mots !

Il existe également 4 diphtongues :

үө /oueu/, ыа /y-a/, уо /ouo/, иэ /iè/

[Comment prononcer ы ? Cliquez sur le lien ! Il s’agir d’un i dur qui doit venir du fond de la gorge. Bonne chance !]

Consonnes

Les consonnes peuvent également être doublées. Dans ce cas, il convient donc d’insister !

Voici les consonnes yakoutes qui n’existent pas dans la langue russe : дь /dy/, ҕ /r/ français, ҥ /ne/, нь /n/ mouillé, һ /h/ aspiré

(Le /r/ français est précisé ici parce que l’autre r est roulé à la russe.)

Point trop n’en faut ! Tentons aujourd’hui de prononcer quelques mots en différenciant bien les sons longs des sons courts :

үүт /uut/ : lait – үт /ut/ : frapper

тиис /tiis/ : dents (de l’anglais teeth évidemment) – тис /tis/ :

сэттэ /sèt-tè/ : le chiffre 7 ! – сэтэ /sètè/ : malice

сүүр /suur/ : âme – сүр /sur/ : courir

аат /aat/ : nom – ат  /at/ : cheval

 

Махтал (Malkhtal) – Merci !

Langue yakoute

Le yakoute fait partie du sous-groupe des langues turques du nord-est ; le groupe des langues turques appartient à la famille des langues altaïques. La phonétique yakoute est caractérisée par la conservation des voyelles longues et des diphtongues en tête de mot, alors qu’elles ont disparu de la plupart des langues turques. Sur le plan de la grammaire, le yakoute est, entre autres, régi par un important système de cas. Par ailleurs, les pronoms personnels des premières et deuxièmes personnes restent identiques.

Le vocabulaire actif yakoute compte 2 500 mots d’origine mongole. En outre, on dénombrait déjà plus de 3 000 mots empruntés au russe avant la révolution. En 1858, à l’initiative d’I. E. Beniamin, la première « Grammaire concise du yakoute » a été publiée. En 1922, S. A. Novgorodov a mis au point un alphabet selon les règles de translittération. Ainsi, entre 1930 et 1940, une transcription en caractères latins était disponible, et dès 1940, en caractères cyrilliques, avec quelques ajouts.

La langue yakoute s’écrit à l’aide d’une variante de l’alphabet cyrillique, auquel ont été ajoutées cinq lettres suivantes : Ҕ, ДЬ, Ҥ, Ө, Һ  et Υ. 

Adapté depuis Le manuel typographique du russiste de Serge Aslanoff

Adapté depuis Le manuel typographique du russiste de Serge Aslanoff