Arrivée à Yakoutsk

C’est un peu du « téléphoné » puisque je suis arrivée le 5 juillet, mais avec un peu de retard, voici le récit de ces premières heures GMT +10.

Dix heures d’avion, cinq heures de transit, et huit heures de décalage horaire plus tard, me voilà qui foule le sol yakoute !

Embarquer pour un vol Moscou-Yakoutsk à 20h début juillet, c’est l’assurance de passer une nuit blanche dans tous les sens du terme. Je m’explique : ce sont les nuits blanches dans les contrées du nord, et votre avion poursuit l’aube durant les sept heures de vol. Un spectacle d’une beauté rare !

Mais vos paupières se font lourdes et vous voudriez tout de même somnoler quelques heures, histoire d’arriver à destination frais comme un gardon. C’est sans compter un défaut  de climatisation sur votre vol qui va vous permettre de mariner à une température ambiante d’environ 30 degrés, sans exagérer (le soleil donne constamment dans votre hublot, même fermé, ça chauffe !) Trop chaud, trop soif, manque d’air, les ingrédients sont réunis pour vous faire vivre un vol inoubliable qui vous paraîtra interminable.

On consulte sa montre, on bondit sur un autre fuseau horaire en se réjouissant que la fin est proche, alors qu’il faudra encore rajouter quatre heures pour correspondre à l’heure locale de la destination et que l’on se fourvoie totalement… Quand on regarde par le hublot, la beauté du paysage qui s’offre à notre vue atténue ce désagrément.

D’après ma voisine de siège, c’est la première fois en 20 ans qu’une panne pareille arrive, donc rassurez-vous, c’est tombé sur moi mais vous pouvez voyager tranquille !

Un sommeil imperturbable du décollage à l’atterrissage.

J’ai voyagé avec la compagnie S7 (Siberian airlines) et mis à part cette infortune, aucun autre incident à déplorer : la nourriture n’est franchement pas mauvaise (juste que ce doit être la seule compagnie à servir du jus de tomate et du café avec des spaghettis sauce façon carbonnades flamandes !), on vous offre le souper et le petit-dej, on n’est pas avare sur le thé-citron et le café, on vous propose de la lecture quand vous embarquez (Kommersant et un autre journal un peu plus populaire), les horaires sont scrupuleusement respectés, un membre du personnel S7 vérifie que vous aviez bien pris votre valise avec votre carte d’embarquement, les hôtesses sont super canons (peu me chaut, mais on me l’a demandé, alors…)

Ce doit être aussi la seule compagnie à avertir après la démonstration de sécurité : Veuillez ne pas laisser traîner vos pantoufles dans le couloir et les garder sous votre siège. Je regarde donc mes voisins : tout de pantoufles chaussés ! J’étais certainement la seule à ne pas avoir prévu le coup, démasquée ! Ca m’a rappelé l’ambiance du train de nuit entre Moscou et Saint-Pétersbourg, les fameuses pantoufles, le thé à outrance, les pique-niques improvisés avec une tranche de fromage et de saucisson moscovite sur une tranche de pain Borodinski (littéralement de Borodino, pain noir aux graines de coriandre qui aurait été destiné à nourrir les troupes de Koutouzov au XIXe siècle et est très populaire aujourd’hui).

À l’arrivée, j’ai été accueillie par une pancarte « АВРОРА ЖИЛЬСОН » (Avrora Gilson) brandie par Sarguylana Egorovna, vice-directrice de l’école de Kepteni. Cette première rencontre paraissait des retrouvailles alors que nous nous voyons pour la première fois. Nous étions en contact depuis l’année dernière, on attendait donc que cette collaboration avance et se concrétise. Quel plaisir !

A la sortie de l’aéroport de Yakoutsk se dresse un serguè (un poteau d’attache des chevaux qui représente symboliquement l’arbre de la vie, j’en parlerai plus longuement dans un autre billet) qu’il saut toucher, ça porte bonheur dixit Sarguylana. Première impression : l’air est pur, sans rire, on sent vraiment une différence ! Et on est encore en ville, ça promet à la campagne !

On se dirige vers la voiture qui nous conduira au lieu où je donnerai cours dans une semaine. Je m’étonne que le volant soit à droite ; le conducteur me répond que les voitures sont toutes comme ça ici, elles proviennent d’Asie, logique ! Par contre, il n’y a pas de ceinture de sécurité, on se trouve quand même bien en Russie ! Nous voilà filant à toute allure dans des routes souffrant de nombreuses années de gel et de dégel. En passant par le centre-ville, le chauffeur me montre quelques curiosités touristiques. C’est drôle de voir en vrai ce sur quoi l’on a écrit. Je connais déjà, en théorie, le nom des rues qu’il mentionne et ce que l’on peut y voir. Mais pas encore en pratique !

Bâtiments en bois se mêlent à l’architecture moderne, ce qui donne à Yakoutsk un visage que l’on ne trouve nulle part ailleurs, du moins, je n’avais jamais vu une telle union de constructions traditionnelles et actuelles.

Ce voyage promet d’être très enrichissant !

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Nouvelles

Quand le crépuscule épouse l'aurore...

Quand le crépuscule épouse l’aurore…

Bonjour à toutes et à tous !

Avant toute chose, je voudrais remercier les personnes qui se sont abonnées à mon blog et m’ont demandé si j’allais continuer. Oui oui ! C’est en cours, certains articles sont plus ou moins prêts, il ne reste plus qu’à avoir le temps de les mettre à jour et de les publier !

Je suis rentrée hier de Kepteni, un petit village au nord de Yakoutsk, où je n’avais pas accès  à Internet ! Et depuis que je suis à Yakoutsk, je visite, je visite et je visite ! (Et je me perds aussi, il faudra que je note que les arrêts de bus dans le sens du retour se trouvent dans d’autres rues que celui que vous avez pris pour aller à tel ou tel endroit, haha !)

Un bonjour tout particulier à Michel et Bernadette ! Quel plaisir de lire votre message ! La Yakoutie, bien que la plus grande république de Russie, est finalement petite, n’est-ce pas ! Je vous répondrai sous peu 🙂

Je vous laisse avec un superbe paysage de nuit blanche au bord du lac de Kepteni  en attendant d’autres billets !

A bientôt !

Comment se rendre en Yakoutie ?

Il y a plusieurs façons de se rendre en Yakoutie. Je vous présenterai ici comment s’y rendre à partir de la partie européenne de la Russie.

En train

Par la gare ferroviaire de Berkakit (la ligne n°76 Moscou – Nérioungri part de Moscou un jour sur deux depuis la gare de Kazan).

Attention, la capitale yakoute ne dispose pas encore de gare ! La gare de Berkakit se trouve à plus de 800 kilomètres de Yakoutsk. Vous devrez donc emprunter un autre train pour rejoindre la gare de Nijni Bestiakh, sur la rive droite de la Léna (à hauteur de Yakoutsk) avant de terminer votre voyage en bus (qui devra emprunter un ferry pour traverser la Léna…) À éviter, donc !

Par avion

De loin la plus simple des manières de se rendre en Yakoutie ! L’aéroport international de Yakoutsk se situe à seulement 4 km du centre-ville.

Attention !

Les temps de transfert entre les aéroports de Domodedovo et Cheremetievo sont relativement longs (au moins deux heures !) Il serait plus prudent de ne pas devoir s’infliger une telle dose d’adrénaline, ou de profiter d’être à Moscou pour visiter cette superbe ville ne serait-ce que deux jours !

  • La compagnie aérienne « Yakutia » décolle de l’aéroport de Cheremetievo (Moscou) vers Yakoutsk quotidiennement et vers Nérioungri une fois par semaine. Vous pouvez réserver en ligne sur yakutia.aero (site en anglais).
  • La compagnie basée à Mirny « Alrosa-Avia » propose des vols VIP vers de nombreuses villes de Russie. Cette compagnie dispose d’un site Internet (alrosa-avia.com, uniquement en russe), mais aucune information quant aux tarifs, ni même la possibilité de réserver en ligne !
  • La compagnie « S7 Airlines » opère des vols directs vers Yakoutsk, ou bien avec une correspondance à Irkoutsk ou bien à Novossibirk depuis l’aéroport de Domodedovo (Moscou). Rendez-vous sur s7.ru (en anglais !) pour réserver vos billets. Le meilleur marché pour se rendre de Moscou à Yakoutsk !
  • Et bien entendu, n’oublions pas Aeroflot qui propose désormais le trajet le plus simple depuis Bruxelles et Paris. Après 15 années d’interruption, la ligne Moscou (Cheremetievo) – Yakoutsk sera de nouveau exploitée à partir du 2 juin 2013 à raison de six vols par semaine. Ce qui vous permettra de rallier les capitales belge et française à la capitale yakoute (avec escale à Moscou, temps d’attente raisonnable) sans devoir vous soucier de vos bagages ! Réservation en ligne sur aeroflot.ru/cms/fr (en français).

Le climat, du froid polaire aux chaleurs tropicales

Météo actuelle à Yakoutsk

Météo ces prochains jours à Yakoutsk

La Yakoutie est une terre de contrastes naturels. En raison de son climat hypercontinental, l’amplitude thermique atteint les 100 °C : de 40 °C en été à – 60 °C l’hiver. C’est sur le territoire yakoute que se trouve le Pôle du Froid de l’hémisphère nord – c’est-à-dire l’endroit habité le plus froid du monde – à Oïmiakon, où l’on a enregistré une température de – 71,2 °C.

En Yakoutie, les hivers sont longs, froids et secs ; les étés sont courts et très secs sur la majeure partie du territoire, accusant des températures relativement élevées. Toutefois, l’air reste constamment frais et pur.

Durée du jour

En hiver, le soleil est tellement bas que les journées sont fortement raccourcies. La partie du territoire située au-delà du cercle polaire, quant à elle, est plongée dans l’obscurité la plus totale durant plusieurs mois ; c’est ce que l’on appelle les nuits polaires. Avis aux amateurs de spectacles célestes : par nuit claire, il arrive qu’une aurore boréale s’empare du ciel pour exécuter sa danse lumineuse.

Aurore polaire observée en Yakoutie le 24 mars 2009. Crédits photographiques : Akhmetsafin Rouslan.

En été, le soleil étant très haut dans le ciel, les journées sont caractérisées par une forte luminosité et un air très sec. C’est alors que l’on assiste au phénomène des nuits blanches : la durée du jour atteint 20 heures dans la région de Yakoutsk, alors qu’au nord, le soleil ne se couche pas et offre 24 heures de clarté.

L’hiver

Sur la majeure partie du territoire yakoute, janvier est le mois le plus froid de l’année. Au littoral, les températures relevées en janvier et en février sont semblables, alors que dans les îles yakoutes, le record du froid est atteint en février. De novembre à février, les températures les plus faibles sont relevées dans les régions soumises à l’influence de l’anticyclone de Sibérie, c’est-à-dire les oulous d’Oïmiakon et de Verkhoïansk. En janvier, la moyenne y atteint respectivement – 50 °C et – 48,6 °C.

Ponctuellement, les températures peuvent chuter sous les – 60 °C sur la quasi-totalité du territoire. Les températures les plus basses sont relevées dans les montagnes de l’est, dans les dépressions topographiques (cuvettes, combes), dans les vallées étroites et autres dépressions où stagne l’air froid. Les minima peuvent atteindre – 71,2 °C à Oïmiakon, soit le record absolu de l’hémisphère nord, et – 68 °C à Verkhoïansk. Dans les terres situées dans le sud et le sud-ouest de la Yakoutie, le mercure peut avoisiner les – 58 à – 62 °C, alors qu’au littoral et dans les îles, les températures ne descendent jamais sous les – 46 à – 52 °C.

L’été

Presque partout en Yakoutie, le retour de la chaleur est caractérisé par une augmentation rapide des moyennes journalières au printemps, et leur brusque chute en automne. Juillet est le mois le plus chaud de l’année. Au littoral et dans les îles, les températures des mois de juillet et août sont sensiblement proches, alors qu’en Yakoutie Centrale, les journées les plus chaudes sont enregistrées entre mai et août. En juillet, le mercure affiche en moyenne 17 à 19 °C dans les terres du centre, du sud et du sud-ouest présentant un paysage relativement plat. Toutefois, dans les plaines au nord de la rivière Viliouï, le thermomètre n’indique que 12 à 15 °C, et des températures moins élevées encore en altitude. Les températures les plus froides sont relevées au littoral et dans les îles, où le thermomètre n’affiche que 2 à 4 °C. Sur la majeure partie du territoire, à très basse altitude, le mercure peut grimper jusqu’à 34 à 38 °C tandis qu’au littoral, la température maximale est comprise entre 29 et 32 °C et 18 à 24 °C dans les îles.

En raison de la complexité du relief et des différentes zones physiographiques sur lesquelles est située la Yakoutie, la période sans gel varie fortement. Ainsi, on observe dans la vallée de la moyenne Léna un record de 95 jours, alors que le gel ne donne du répit à la toundra que pendant deux mois à peine. De plus, d’une année à l’autre, il peut même y geler durant tout l’été, avec des interruptions de moins de 30 jours. En ce qui concerne les îles, le sol ne dégèle jamais. Dans les montagnes, ces périodes s’étalent sur un nombre de jours variable.

Durant la saison estivale, le paysage est fréquemment balayé par des masses d’air froid en provenance du nord. Ces flux contiennent peu de vapeur d’eau et ne s’apparentent donc pas au brouillard. Ces incursions, couplées aux conditions favorables à la stagnation de l’air froid, c’est-à-dire uniquement par temps clair, empêchent ponctuellement et localement le territoire de dégeler durant l’été, en particulier dans les zones montagneuses.

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Collège Sakha-belge de Kepteni

Le Collège Sakha-belge fête ses 15 ans !

Le 1er septembre 1998, le Collège Sakha-belge ouvre ses portes dans le petit village de Kepteni ! Quelle est la particularité de cette école ?  Son programme pédagogique s’axe autour de l’apprentissage approfondi des langues étrangères, à savoir le français et l’anglais.

Ainsi, dès l’âge de 7 ans, les élèves sont bercés au son de la langue de Molière et de Shakespeare, ce qui leur permet d’atteindre un très haut niveau de maîtrise à la sortie du Collège. Un partenariat entre la Wallonie et la Yakoutie a permis, durant des années, de placer un professeur de français de nationalité belge durant une année académique en mission à Kepteni.

Depuis le 23 février 2000, le Collège se trouve sous l’égide de l’UNESCO. De ce fait, de nombreux événements estampillés « UNESCO » sont organisés dans les locaux de l’école Sakha-belge, tels que des concours de poésie (en yakoute, russe, français et anglais) , des concerts, des expositions, etc.

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Source : sbgym.narod.ru

Langue yakoute

Le yakoute fait partie du sous-groupe des langues turques du nord-est ; le groupe des langues turques appartient à la famille des langues altaïques. La phonétique yakoute est caractérisée par la conservation des voyelles longues et des diphtongues en tête de mot, alors qu’elles ont disparu de la plupart des langues turques. Sur le plan de la grammaire, le yakoute est, entre autres, régi par un important système de cas. Par ailleurs, les pronoms personnels des premières et deuxièmes personnes restent identiques.

Le vocabulaire actif yakoute compte 2 500 mots d’origine mongole. En outre, on dénombrait déjà plus de 3 000 mots empruntés au russe avant la révolution. En 1858, à l’initiative d’I. E. Beniamin, la première « Grammaire concise du yakoute » a été publiée. En 1922, S. A. Novgorodov a mis au point un alphabet selon les règles de translittération. Ainsi, entre 1930 et 1940, une transcription en caractères latins était disponible, et dès 1940, en caractères cyrilliques, avec quelques ajouts.

La langue yakoute s’écrit à l’aide d’une variante de l’alphabet cyrillique, auquel ont été ajoutées cinq lettres suivantes : Ҕ, ДЬ, Ҥ, Ө, Һ  et Υ. 

Adapté depuis Le manuel typographique du russiste de Serge Aslanoff

Adapté depuis Le manuel typographique du russiste de Serge Aslanoff

Division politique de la Russie

Le territoire de la Fédération de Russie s’étale sur plus de 17 000 000 km² et est divisé en 83 entités distinctes jouissant d’une autonomie à des degrés différents.

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Il existe six catégories différentes de sujets fédéraux :

21 républiques Sujets disposant de leur propre constitution et de leur propre parlement et pouvant proclamer les langues officielles sur leur propre territoire. Les républiques sont gouvernées par leur propre président.
9 kraïs (territoires) Territoires administratifs à la tête desquels se tient un gouverneur ; un kraï est divisé en raïons*.
46 blasts (provinces) Unités administratives dirigées par un gouverneur fédéral désigné et un parlement élu localement. Aucune différence avec le kraï.
2 villes fédérales (Moscou et Saint-Pétersbourg) Villes au statut particulier fonctionnant comme des régions distinctes au sein de l’oblast où elles sont enclavées. Elles sont gouvernées par un maire.
1 oblast autonome Le Barobidjan.
4 okrougs (districts) Plus autonomes que les oblasts mais moins que les républiques, ils présentent souvent une minorité ethnique substantielle ou prédominante.

* Un raïon est la subdivision administrative des grandes villes et des oblasts. On en compte actuellement 3000 dans toutes la Russie.

N.B. : les raïons se nomment oulous en Yakoutie.

Source : DORION, H., TCHERKASSOV, A., Le russionnaire: petite encyclopédie de toutes les Russies, Sainte-Foy (Québec), Éditions MultiMondes, 2001

Où se trouve la Yakoutie ?

Carte de la Yakoutie (Source : Wikipédia)

Carte de la Yakoutie (Source : Wikipédia)

Située dans la partie nord-est du continent asiatique, la Yakoutie couvre les bassins de la Léna, de la Yana, de l’Indiguirka et de la basse Kolyma. Au nord, la Yakoutie est bordée par la mer des Laptev et la mer de Sibérie orientale, ce qui représente plus de 4 000 km de côtes.

Elle est entourée par les entités administratives suivantes (Vous trouverez une explication de l’organisation politique et administrative de la Russie dans un prochain billet) :

  • Au sud : l’oblast d’Amour ;

  • Au sud-est : le kraï de Khabarovsk ;

  • Au sud-ouest : l’oblast d’Irkoutsk ;

  • À l’est : l’oblast de Magadan et le district autonome de Tchoukotka ;

  • Au nord-ouest : l’okroug du Taïmyr (lui-même intégré au kraï de Krasnoïarsk) ;

  • À l’ouest : l’Évenkie (district autonome des Évenks intégré au kraï de Krasnoïarsk).

Euh… Ok, mais encore ? Au milieu de la Russie, ça donne ça :

Source : Wikipédia

Source : Wikipédia